J'avais découvert le sujet de la Discipline Positive via une collègue qui la pratique depuis longtemps et par des discussions lors de réunions d'harmonisation école-collège.
La principale adjointe de notre collège de secteur a été très emballée par ce sujet (moi aussi d'ailleurs !) et elle a contacté l'association affiliée en France à la formation sur la discipline positive. Elle a organisé sur notre ville 2 conférences : une pour les enseignants et une pour les familles.
Si la suite vous intéresse, voici les coordonnées de la formatrice : alixdesalaberry@disciplinepositive.fr
Cela a eu lieu la semaine dernière et cela a très bien fonctionné !
Il avait été proposé à notre Inspecteur que nous puissions participer en tant qu'enseignants à cette conférence en l'incluant dans nos 18 de formation pédagogique. Il a accepté et ainsi la semaine dernière, quasiment tous les collègues des alentours (de la petite section à la 3ème ) ont assisté à cette conférence.
Voici quelques éléments pris et notés lors de cette conférence sachant qu'elle n'aborde que quelques points du livre de J Nelsen :
- Postulat de départ : Rapport à l'autorité de plus en plus complexe aujourd'hui. Auparavant, l'autorité verticale s'imposait dans la société mais aussi à l'école. Aujourd'hui, les rapports font que cette autorité est rapportée à négociation ou discussion permanentes.
Cela implique une autorité horizontale alliant :
Fermeté = respect du monde de l'adulte (règles...)
Bienveillance = respect du monde de l'enfant
D'autre part, il y a un effet mesuré sur les résultats du manque d'encouragement (à l'école ou à la maison). Ainsi, la Discipline positive = pédagogie par l'encouragement ("un enfant réussit mieux lorsqu'il se sent mieux").
Rapports entre l'enseignant et l'élève :
Logique interne selon Adler (psychologue) : une expérience → perception (je vois , j'entends je ressens) amène une interprétation → croyance (je pense que…) →comportement (je décide… j'agis…) → retour à une autre expérience.
Il faut agir sur l'interprétation pour que la croyance se porte sur le comportement inapproprié et non la personnalité de l'élève.
Présentation d'outils ou de sujets du livre :
- Caractérisation des besoins des élèves (d'attente, de revanche, de découragement et ... )→ outils pour revenir dans un cercle vertueux.
- 3 piliers du cadre bienveillant pour encourager (lignes de conduite, responsabilités et rituels )
- 3 R : responsabilité (je reconnais ce que j'ai fait…, en quoi je suis responsable de ce qui ne va pas...)
réconciliation (je suis désolé d'avoir…)
résolution (j'ai besoin de ton aide, j'aimerais qu'on cherche..)
→ Recherche de solution : reliée , raisonnable, respectueuse et aidante
En conclusion :
- pour ceux qui découvrent la Discipline Positive, cela apporte des idées ou des questionnements sur notre rôle d'enseignant et notre manière d'être en classe et avec les élèves. Néanmoins, je pense qu'il faut aller plus loin, soit par une formation, soit en lisant le livre, pour s'approprier les outils proposés par la Discipline Positive dans notre quotidien d'enseignant.
- pour ceux qui ont déjà lu le livre, il n'y a pas beaucoup de découvertes mais les notions abordées par des exemples ou activités permettent de clarifier certains points du livre. D'autre part, l'encouragement apparait comme le moteur de la pratique de cette Discipline alors que la lecture du livre m'avait donné l'impression de se centrer sur fermeté et bienveillance.
Enfin, pour d'autres, un mot est revenu régulièrement lors de cette conférence, c'est COOPÉRATION.
Et là, je me dis (enfin j'en suis maintenant convaincu) que La DISCIPLINE POSITIVE et LA CLASSE COOPÉRATIVE ne sont que les 2 faces d'une même pédagogie.
Ainsi, la Discipline Positive s'intéresse à la relation enseignant-élève, aux rapports conflictuels mais aussi aux raisons des différents comportements pour essayer que ces relations soient apaisées, rassurantes et encourageantes pour la réussite de l'élève,
alors que la Pédagogie Coopérative met en place des outils pratiques et pédagogiques favorisant le rapport à l'autre mais aussi la connaissance de ses compétences pour favoriser les acquisitions.
Au final, les limites de la Discipline Positive qui ne propose pas d'outils pédagogiques pour travailler sur l'estime de soi, l'encouragement ou la résolution de conflits sont complètement compensées par les CONSEILS de CLASSE COOPERATIVE, le Règlement de CLASSE, le TUTORAT ou les MESSAGES-CLAIRS.
Et, de l'autre côté, les principes coopératifs atteignent leurs limites dans un recours à la punition alors que la Discipline Positive cherche à éviter les comportements inappropriés par des mécanismes relationnels et de connaissance de élèves où la sanction est vécue comme un apprentissage.